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Section de l'Essonne

Biographie extraite de la gazette SMLH de l'Essonne n°5
Une vie, des mérites éminents
Le colonel Jean-Pierre CHENAIS,
Chevalier dans l'Ordre de la Légion d'honneur
Né en 1928 et fils unique dans une famille modeste dont le père, de la classe 1913, avait été Tirailleur Breton et conservait, dans la mémoire et dans la chair, les traces indélébiles de quatre années d'une dure guerre de tranchées, le jeune Chenais, attentif aux témoignages glorieux familiaux, rêve de devenir militaire.
Adolescent pendant la seconde guerre mondiale, il est intrépide et téméraire et trompe l'ennemi en déplaçant, la nuit, les panneaux de signalisation ou en lui indiquant de mauvais chemins.
A 18 ans, Jean-Pierre Chenais s'engage au titre du 1er RIC (régiment d'infanterie coloniale) pour l'Extrême Orient et remplit enfin sa vocation.
Après une initiation au combat dans la jungle, il arrive au camp de Caïs, surnommé le camp de la mort lente, puis il embarque à Marseille pour l'Indochine. Il y découvre, comme simple soldat, une guerre classiquement appelée coloniale mais qui ne doit pas faire oublier l'oeuvre administrative, culturelle et humanitaire accomplie par la France au profit des habitants de ce pays.
Devenu sous-officier, il est affecté au Sénégal où il parcourt les villages et s'initie aux us et coutumes des populations. Lors de ses rencontres avec les anciens tirailleurs sénégalais de la grande guerre, il découvre, de façon réconfortante, leur fierté d'avoir servi sous les plis du drapeau français.
Après des mois de rizières et de savane africaine, il est repéré par la hiérarchie militaire et est proposé, en 1951, comme élève Officier. Bien qu'il se sente à l'étroit entre quatre murs, il est admis en 1952 à l'école spéciale militaire interarmes de Coëtquidan et reçoit casoar et gants blancs. Saint Cyr est une école de caractère où l'entraînement physique et moral est intense.

Devenu sous-lieutenant, il finit son instruction à Saint-Maixent à l'école d'application de l'Infanterie.
Il est alors affecté au 75eme RIMA en Algérie, période difficile où, malmené par la hiérarchie, il est « exilé » en Haute Volta en 1962, puis conseiller technique en Côte d'Ivoire.
En 1964, il est rappelé en métropole pour faire partie de l'encadrement à l'école nationale des sous officiers d'active à Saint-Maixent sous les ordres du colonel Laurier, excellent patron de l'ENSOA et déjà commandeur de la Légion d'honneur.
En 1968, Jean Pierre Chenais est désigné pour rejoindre le Cambodge et assurer la mission de directeur des études de l'école militaire khmère.
Le Cambodge est en paix. Le prince Sihanouk est roi et, en même temps, fondateur des jeunesses socialistes khmères. Le Mékong inverse son courant et c'est la fête des eaux avec son grand Lac, ses poissons et ses élevages de crocodiles et les temples d'Angkor, synonymes d'un passé prestigieux. La population semble heureuse de vivre mais n'est-ce pas le pays du sourire ?
A quelques lieues, le ballet aérien des hélicoptères, le grondement des tapis de bombes déversées par les B 52, le Vietnam est toujours en guerre et les troupes américaines à la recherche d'une solution.
Au Cambodge, sa mission est intéressante et l'Etat major khmère laisse une totale initiative aux conseillers français. Mais en mars 1970, c'est le coup d'état, Sihanouk est remplacé par le maréchal LonNol. La situation se tend progressivement, les familles sont évacuées. L'avenir apparaît sombre mais rien ne laisse présager que ce pays sombrera dans un véritable génocide quelques années plus tard.

En juin 1970, Jean-Pierre Chenais rentre en métropole. Après une ennuyeuse affectation au Ministère de la Défense, il lui est demandé d'aller en Arabie pour former sur place les utilisateurs de chars AMX30 que les Princes saoudiens venaient d'acheter à la France. Le climat est dur à supporter, le pays difficile et la population exigeante mais cette expérience d'organisation de l'assistance technique militaire à l'étranger lui laisse un bon souvenir.

Retour en métropole où il est désigné pour prendre la fonction de chef de la section militaire de la section officiers des TDM.
Le travail est intéressant car il s'agit de la gestion prévisionnelle des carrières des officiers au travers de leurs résultats et de leurs aptitudes.
C'est ensuite une retraite méritée mais qui n'arrête pas l'engagement dans la société.
Désigné administrateur de nombreuses structures essonniennes, il est surtout, pendant 9 ans, président du comité de l'Hurepoix (ex comité de Savigny) de la SMLH (ex SEMLH) où son caractère organisateur, dynamique et chaleureux est dans toutes les mémoires ainsi que sa boisson favorite, le thé berbère !
Pour les deux présidents du comité de l'Hurepoix qui lui ont succédé, il est toujours un président d'honneur reconnu et apprécié.
Dominique Huchon
Présidente du comité de l'Hurepoix
Nous joignons une de ses dernières photos prises lors du repas de sociétaires du Comité de l'Hurepoix, le 21 janvier dernier.


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