Logo de la Société des Membres de la Légion d'Honneur Ruban de la Société des Membres de la Légion d'Honneur
Section de l'Essonne

Journée de conférence et visite du centre de recherches et d'applications militaires de Bruyères le Châtel du 27 avril 2017
Le jeudi 27 avril 2017, les adhérents du Comité Val d'Yerres-Sénart et de la Section de l'Essonne de la Société des membres de la Légion d'Honneur ont assisté à une conférence et à une visite du Centre de recherche et d'applications militaires du Commissariat à l'Énergie Atomique de Bruyères le Châtel.
Marcel Villeneuve, adhérent de notre Comité, ancien directeur-adjoint de Cabinet de l' Administrateur général et conseiller scientifique du Haut-Commissaire, a été l'initiateur de cette journée et le relais avec la Direction de l'établissement.
C'est un privilège que d'accéder à un site aussi sensible dans le domaine du secret des recherches, sécurité oblige (obligation de transmettre la liste des participants et des éléments d'identité et professionnels, déclinaison de l'identité à l'entrée du site et obligation de déposer dans les coffres à l'entrée, les appareils photo/vidéo, disques durs, tablette,liseuse, dictaphone, clé USB et ordinateurs portables).
A l'ouverture de la conférence, le Directeur Pierre Bouchet, Chevalier de la Légion d'honneur, a présenté son établissement, comme l'un des 10 Centres du Commissariat à l'énergie Atomique et l'un des 5 centres militaires (4500 chercheurs), les 5 autres ayant des objectifs civils.
Le Centre effectue les recherches et les développements technologiques sur les armes nucléaires de dissuasion.
Le Directeur du Centre a rappelé les différentes étapes des recherches nucléaires, les conditions de création du C.E.A , la création de l'établissement de Bruyères le Châtel et les conditions des travaux actuels.
Il a retracé l'évolution des recherches sur l'atome, de la découverte des rayons d'une nature inconnue par Röntgen en 1895, d'où leur nom de rayons « X », de la radioactivité mise au jour par Henri Becquerel en 1896 à partir de travaux demandés par Henri Poincaré.
Il a évoqué la confirmation de la découverte par les travaux de Pierre et Marie Curie en 1897 lesquels ont découvert le polonium et le radium en 1903. Il a cité une anecdote vécue par Marie Curie qui avait enfermé une poudre dans un gousset suspendu à un collier autour de son cou et qui a été surprise de voir qu'une tache de couleur sombre de la surface du gousset se retrouvait sur la peau de sa poitrine, attestant par la même que la radioactivité émise par cette poudre avait brûlé la partie de peau en contact avec le gousset.
James Chadwick a mis au jour l'existence des neutrons.
Dés 1932, Frédéric Joliot-Curie et sa femme Irène se sont intéressés aux rayons gamma et aux neutrons produits dans plusieurs réactions nucléaires.
Le 6 janvier 1939, les chercheurs germano-autrichiens Otto Hahn et Fritz Strassmann ont apporté à la communauté scientifique la preuve de la fission de l'uranium par bombardement de neutrons et en mai 1939, après avoir prouvé la possibilité de produire des réactions nucléaires en chaîne illimité, l'équipe de Joliot a déposé 3 brevets dont les 2 premiers concernent la production d'énergie nucléaire, le 3ième « Perfectionnements des charges explosives » constitue le dépôt intellectuel de la bombe atomique.
Pendant la deuxième guerre mondiale, les recherches poursuivies aux USA aboutiront à la mise au point des premières bombes atomiques.
En 1945, le Général de Gaulle a créé le C E A et nommé comme Haut Commissaire, Frédéric Joliot, qui sera remplacé le 28 avril 1950, en raison de sa forte implication dans la diffusion de l'appel de Stockholm de 1950 visant à l'interdiction de la bombe atomique et de ses sympathies pour le P C F., par Francis Perrin puis Pierre Guillaumat.
Le Centre de Bruyères le Châtel a été créé en 1955-1956 au moyen de fonds secrets par le physicien Yves Rocard.
Ce Nouveau Centre va travailler le plutonium fabriqué à Marcoule.
Le Centre est également associé à la préparation et à la réalisation des 210 essais nucléaires (en extérieur ou souterrains). Depuis 1996, il participe aux essais en laboratoires grâce à de puissants ordinateurs de simulation et participe au développement et au perfectionnement des armes de la force nucléaire de dissuasion.
En outre, une autre importante mission du Centre est de gérer les installations qui permettent de contrôler le respect des accords internationaux relatifs à l'interdiction des essais nucléaires et de non prolifération ainsi que celles qui surveillent en permanence l'environnement radiologique et l'état géologique des anciens sites français d'expérimentation nucléaires du pacifique (Mururoa et Fangataufa). Sur les 321 stations d'observation et 16 laboratoires prévus par le traité de non prolifération, le CEA gère 24 stations et le laboratoire de Bruyères le Châtel.
Par ailleurs, le Centre assure une mission de surveillance pour assurer la sécurité des grands événements sur le territoire national (visite de Chefs d'État ou Hautes personnalités, rencontres internationales, grands événements sportifs....) : ainsi, en liaison avec la Sécurité Publique et les organisateurs, le Centre doit pouvoir détecter la présence de produits radioactifs qui pourraient menacer le déroulement des événements sur les zones de déplacement des personnalités, sportifs et spectateurs et les zones de spectacles. Cette détection est effectuée par hélicoptère doté d'appareils détecteurs de radioactivité embarqués dont il nous a été montré un modèle) ou par véhicule terrestre parcourant les rues ou zones sensibles (camionnette banalisée spécialement équipée). Le challenge est de détecter toute source de radioactivité autre que celle d'un patient radioactif venant d'effectuer une radiographie chez son spécialiste ou du cabinet de radiographie qui a pignon sur rue.
Enfin, le laboratoire centralise en temps réel les séismes de l'ensemble de la planète: c'est ainsi qu'en l'espace d'une heure de conférence, nous avons vu détecter une dizaine de séismes, heureusement sans gravité notamment au Chili...et dans les Pyrénées de magnitude faible..ce qui a apporté la démonstration que la planète « Terre » bouge sans arrêt. Le Laboratoire est aussi armé pour détecter les événements précurseurs d'éventuels tsunamis et donner l'alerte.
Après avoir nourri leur réflexion et enrichi leurs connaissances scientifiques sur le rôle du Centre, Le Directeur Michel Bouchet, a invité les auditeurs légionnaires et leurs épouses à rejoindre la salle d'honneur de l'établissement pour permettre à leurs papilles de tester l'excellent déjeuner qui a aussi démontré que le Centre de Bruyères le Châtel sait faire apprécier autant ses excellentes connaissances gastronomiques que ses recherches sur la radioactivité.
Guy FOULQUIER Marcel VILLENEUVE


Retourner à l'historique des activités



  © SMLH - 2016