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Section de l'Essonne

Photographie de la dernière activité

ESSONNE 91000 - COMITE DU VAL D'ORGE
Hommage à Monsieur Pierre Antoine Hunter, chevalier de la Légion d'Honneur, ancien évadé et ancien combattant de la 2ème Division Blindée
Une belle figure du comité du Val d'Orge, ancien évadé et ancien combattant de la 2ème Division Blindée du général Leclerc, et chevalier de la Légion d'Honneur depuis 1987, s'est éteinte le 14 juin dernier à son domicile. Monsieur Pierre Antoine Hunter allait avoir 98 ans dans quelques mois.
Lors de ses obsèques le 18 juin 2019 qui se sont déroulées au funérarium de Sainte Geneviève des bois, un hommage mérité a été rendu à cet ancien combattant de la 2ème Division Blindée qui avait participé à la libération de Paris. Outre sa Légion d'Honneur, il était aussi décoré à titre militaire de la médaille militaire, de la croix de guerre 1939-1945 avec trois citations, de la médaille des évadés, de la croix du combattant volontaire et à titre civil de la médaille de l'aéronautique en raison de sa brillante carrière après la guerre dans l'aviation civile.
Devant une famille émue et une foule nombreuse, M. Gérard ETTER, chevalier de la Légion d'Honneur, a pris la parole au nom de la présidente du Comité du Val d'Orge et a prononcé un discours. Le drapeau de la Légion d'Honneur était présent avec à ses côtés le drapeau des Médaillés Militaires et des anciens combattants de la ville de Sainte Geneviève des bois.
Vincent FAUVELL-CHAMPION
Vice-président et secrétaire
Comité du Val d'Orge
Le texte qui suit a été prononcé en 1987 lors de la remise de la Légion d'Honneur à M. Pierre Antoine HUNTER.
« Né en 1921 dans une commune des Ardennes, il fut bercé dès sa plus tendre enfance par les récits de souffrances endurées à chaque conflit par les populations du Nord-Est de la France, et c'est pourquoi à l'image de son père engagé volontaire au cours de la première guerre mondiale, devançant l'appel de sa classe, dès le début des hostilités en septembre 1939, il s'engage pour la durée de la guerre.
Incorporé au 92ème Régiment d'infanterie, il y reçoit une instruction militaire assez poussée et en février 1940 il part en renfort au 298ème Régiment d'infanterie avec lequel il fait campagne jusqu'au 17 juin 1940 date où il est fait prisonnier.
Transféré au Stalag 5B dans la région de Stuttgart il est envoyé dans un petit commando de travail à Tedue petite bourgade située au sud de l'Allemagne à 90 kilomètres de la frontière Suisse, la distance est tentante et le 9 août 1941 avec un camarade natif du Jura, il s'évade et gagne la Suisse par la poche de Richen. Recueillis et internés avec beaucoup d'égards, après quelques jours, les autorités helvétiques les rapatrient en zone libre française sur Annemasse où on les démobilise le 29 août 1941.
N'ayant aucune famille dans cette partie de la France, il connait les tracasseries de l'Etat Français avec ses nouvelles institutions administratives, et pour échapper à diverses propositions en convenant pas à sa règle de vie, il choisit la solution la meilleure et se réengage pour un an au 6ème bataillon de chasseurs alpins stationné à Grenoble. Arrivé à la fin de son contrat fin septembre 1942, il gagne Paris, mais reste en relations avec son ancien commandant de compagnie.
Le 11 novembre 1942 les Allemands envahissent la zone libre. L'armée d'armistice est dissoute, les contacts avec son chef deviennent plus fréquents et l'organisation à laquelle celui-ci appartient fournit à Pierre Hunter de faux papiers d'identité pour échapper aux recherches des prisonniers évadés et des réfractaires au S.T.O. Il vivra dans ces conditions jusqu'au débarquement des alliés.
En août 1944, il rejoint en Normandie la 2ème Division Blindée commandée par le général Leclerc et s'engage au Régiment de Marche du Tchad. Dirigé sur le 2ème Bataillon de cette unité commandée par le commandant Massu à l'époque, il est affecté à la 7ème compagnie avec laquelle, il participe à la libération de Paris, la campagne des Vosges, la prise de Strasbourg et la douloureuse bataille d'Alsace rendue épuisante par la résistance des Allemands et par un froid polaire le thermomètre ayant enregistré des températures au-dessous de 20 degrés.
Le dernier Allemand rejeté de l'autre côté du Rhin, la 2ème DB fut détachée de la 7ème armée américaine dans laquelle elle était intégrée et reçue mission de réduire le dernier bastion de résistance allemande en Loire Atlantique.
Traversant la France, cette mission, avec les FFI de la région fut remplie en six semaines. La poche de Royan était liquidée, il ne restait plus un seul allemand libre sur le territoire français.
Cette opération de prestige terminée, la 2ème Division Blindée réintègre la 7ème armée américaine qui se trouve dans le Tyrol.
Le suicide d'Hitler semble avoir bouleversé les plans de l'ennemi, tous les combats cessent, il n'y a plus de bataille et les américains, n'ont plus qu'un désir, arriver les premiers à Berchtesgaden pour y planter le pavillon étoilé, mais ils se méfient des manoeuvres hardies du général Leclerc aussi ils lui donnent un objectif très à l'ouest de Berchtesgaden. Le général accepte cette mission avec une idée bien arrêtée et file le plus rapidement possible et lorsqu'il estime avoir dépassé largement les avant-gardes américaines, il se rabat sur l'est et arrive sans coup férir à Berchtesgaden et s'empare du nid d'aigle d'Hitler. Le 5 mai 1945, les couleurs tricolores flottent sur le repaire d'Adolphe Hitler. Les Américains battus dans cette course n'arriveront que le lendemain et cela ils ne le pardonneront jamais.
Le caporal Pierre Hunter, gradé jugé d'un courage et d'une audace exceptionnels est titulaire de trois citations attribuées par le général Leclerc quand il est démobilisé en 1946.
Il trouve sa voie professionnelle comme radio auxiliaire dans l'aviation civile et y fera une carrière jusqu'en octobre 1981 en terminant avec le titre d'électricien principal de la sécurité aérienne. Suprême honneur, il recevra la médaille de l'Aéronautique en récompense de ces activités civiles ».


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